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Interview Armand Okol : « A Capitale FM nous ne recrutons pas les personnes qui galopent de médias en médias »

Par Y.N.
Interview Armand Okol : « A Capitale FM nous ne recrutons pas les personnes qui galopent de médias en médias »

Désormais directeur général de Capitale FM basée à Yaoundé (102.8 FM), l’ancien de LTM se confie à Médiatude dans un entretien exclusif, où il nous présente le projet et ses objectifs.

Médiatude : D’où vient le projet Capitale FM ?

Armand Okol : C’est un projet qui tire sa source d’il y a plusieurs années. Je dois rappeler que quand je quitte LTM, l’idée première est de m’installer à mon propre compte. Tout est même déjà monté, mais je fais face à quelques difficultés imprévues. Je me trouve à la croisée des chemins et je mets donc ce projet en berne et commence à travailler en cabinet en mènant mes activités politiques.

Qu’est-ce qui vous pousse à revenir à votre projet ?

La chance me permet de rencontrer une ou deux personnes qui nourrissent le même projet que moi. On va travailler sur le contenu, le business plan, la faisabilité et au bout de la chaîne, on décide de choisir un nom, et après d’après discussions on tombe sur Capitale FM.

Pourquoi Capitale FM ?

Parce que d’abord nous avons la prétention de conquérir la capitale, lorsque vous trônez sur la capitale, vous avez une influence sur le reste de la nation. Capitale aussi pour dire que le projet que nous avons est un projet capital, donc ça nous tient à cœur et on va y mettre tout ce qu’on peut. Capitale aussi pour dire que nous avons le capital en termes de moyens humains et financiers, le mot capital est au carrefour de plein d’aspects que nous représentons.

Est-ce à dire que le projet est propre à la capitale ?

Non. Nous sommes au cœur de la capitale mais nous avons un projet national. D’ici quelques mois nous allons installer des antennes de relai à Douala, à Bafoussam, puis dans le Nord. À terme nous comptons en avoir partout.

Comment se passe votre désignation à la tête du projet par vos autres partenaires ?

Je suis nommé directeur général le 29 novembre 2021, car il y’a au-dessus de moi un conseil d’administration.

Comment s’est passé le choix de vos employés ?

J’ai lancé un appel à candidature publique dès ma nomination. On a obtenu 127 dossiers de candidatures pour 15 postes recherchés. On en a présélectionné 34, qui sont passés devant un jury composé du professeur Joël Meyolo, docteur Richard Makon, Denis Omgba Bomba, Francis Bonga. Ces personnes ont fait le choix et au bout, on en a retenu onze et au bout de la première quinzaine de décembre, ces gens sont venus ici et on a commencé à mettre les premiers programmes en banque et travailler sur la grille. Le 29 décembre 2021 on a donc lancé.

Pourquoi n’avoir pas misé sur des journalistes au curriculum établi ? N’est-ce pas prendre un risque ?

Il a été convenu avec ces responsables d’écarter systématiquement tout dossier de personnes qui galopent de médias en médias et qui viendraient ici avec un air de suffisance. Je mise essentiellement sur les jeunes, car alors que j’étais encore étudiant, j’ai moi aussi eu ma chance dans une jeune radio à l’époque. C’était Satellite FM et je n’y avais encore aucune expérience. Si je n’avais pas eu cette chance, je n’aurais jamais été Armand Okol. Nous estimons donc qu’il y’a plein de jeunes comme ça, plein de Armand Okol qui ne demandant qu’à travailler. Si Médiatude est venu à nous, c’est parce qu’ils savent qu’il y’a quelqu’un derrière.

Ces jeunes ont-ils le rendu escompté ?

Je peux le garantir à Médiatude, avant la fin de l’année, il y’en a qui partiront. Parce qu’ils sont doués d’un talent, on ne leur offre pas toujours les moyens de travailler. Ici vous avez des passionnés. Il faut savoir donner la place aux jeunes. Il faut savoir passer le témoin. D’ici quelques années je vais me retirer. On ne va pas rester là éternellement. Ces gens sont là pour préparer notre succession.

Est-ce qu’on peut considérer Capitale FM comme un héritage que vous léguez à la profession ?

Je ne lègue pas Capitale FM à la postérité. J’accompagne. Je suis une sorte de formateur. Il y’a deux niveaux de coaching ici. On a des gens qui ont fait plusieurs médias. Ensemble nous créons la première strate de coaching. Les personnes dont je parle coachent à leur tour désormais des étudiants.

Comment capitale FM compte résister au contexte économique difficile pour ne pas fermer la porte comme beaucoup d’autres radios nées avant vous ?

On ne vient pas de nulle part. On a fait des enquêtes avant, nous avons essayé d’apprendre des échecs des autres radios, sur les programmes, sur les rentabilités. Nous arrivons avec une plus-value. On s’est dit que, quelque soit le cas, on n’aura pas d’entrée avant un an. On commence par construire l’audience et c’est elle qui va drainer les annonceurs. Nous avons cependant mis de côté des ressources financières pour gérer les charges fixes. Mais nous ne restons pas les bras croisés et nous partons rechercher des partenaires à travers nos commerciaux.

(c) Entretien avec Y.N., Médiatude

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