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Interview Hugo Bossoken : « C’est Samuel Eto’o le responsable de l’instabilité de la Fécafoot depuis dix ans »

Par Médiatude
Interview Hugo Bossoken : « C’est Samuel Eto’o le responsable de l’instabilité de la Fécafoot depuis dix ans »

Le journaliste traîne la réputation de franc-tireur par excellence contre Samuel Eto’o. Médiatude a voulu savoir les raisons qui poussent le promoteur de Ndamba Web à multiplier les critiques sur les actions du président de la Fécafoot. Entretien

Médiatude : Hugo Bossoken. Qu’est-ce qui peut expliquer cette critique constante de son action à la Fécafoot ?

Hugo Bossoken : Je suis un fan de la première heure de Samuel Eto’o. Je le suis avant même qu’il ne devienne une star du ballon rond. En 1996 j’ai reçu des railleries après la défaite de l’équipe UCB contre avenir FC lors de la finale des barrages du littoral. L’équipe de l’union camerounaise des brasseries essuyait une cinglante défaite (3-0) et fort de ma réputation de fan de ce joueur de 16 ans au quartier Souboum à Douala, j’ai été chambré pendant des mois à cause de cette mauvaise prestation. Plus jeune à l’Université, j’avais toujours des discussions chaudes après les matchs de Barcelone.

Maintenant ce qui explique la critique constante de son action est le fait pour moi que c’est lui le responsable de l’instabilité de la fédération camerounaise de football depuis dix ans. D’ailleurs lui-même a reconnu qu’il a soutenu le combat de l’association des clubs amateurs de football pendant des années. Ce combat a astreint la Fécafoot à travailler dans un environnement conjoncturel et non structurel.

Ce combat a provoqué la condamnation de Iya Mohamed qui est en prison en ce moment. Pourtant c’est Iya Mohamed qui a modernisé la gestion de notre fédération. Lorsque l’ex directeur général de la Sodécoton prend les commandes de l’instance faîtière du football, la fédération n’avait pas de siège digne de ce nom, la fédération ne fonctionnait pas comme une fédération, la fédération fonctionnait comme une association de quartier, il a multiplié et capitalisé les nouvelles niches de financement de cette fédération. Et je n’étais pas d’accord avec cette campagne qui voulait nous faire croire que ce monsieur n’a rien fait pour le développement de notre football. Et cette campagne se poursuit jusqu’à ce jour et lui-même entretien cela quand j’écoute ses communicants.

Tout ce qu’on annonce comme des changements depuis l’arrivée de Monsieur Eto’o n’est pas nouveau. Doubler le montant des subventions des clubs de première division ce n’est pas nouveau. Construire des stades ce n’est pas nouveau. Par contre, Monsieur Eto’o peut innover en apportant un diffuseur pour le championnat par exemple.

Depuis l’arrivée de Samuel Eto’o à la tête de la Fécafoot, vous avez critiqué un certain nombre d’actions. Maintenant, est-ce que vous pouvez en énumérer quelques-unes que vous jugez positives ?

Première chose positive que j’ai notée depuis son arrivée, c’est le fait d’avoir mis la ligue de football professionnel du Cameroun en suspens. Même le président Tombi A Roko que j’ai soutenu n’a pas eu ce courage. Je lui tire un grand coup de chapeau à ce niveau. Pour moi cet acte je le mets au même niveau d’un but qu’il a inscrit sous le maillot de l’équipe nationale. La LFPC ne fonctionnait pas selon la déontologie d’une entité sportive.

Depuis que Monsieur Eto’o est aux commandes de la fecafoot, j’ai constaté que le circuit administratif de la fédération devient fluide. Le personnel est présent au siège. Même comme je lui suggère de revoir une ou deux choses.

Autre chose positive depuis son arrivée, c’est le label Fecafoot qui a été boosté à l’international.

L’audience de la Fécafoot est en augmentation sur le plan international si j’en juge à travers des sollicitations que je reçois de plusieurs partenaires potentiels de la Fécafoot qui me contactent régulièrement pour des prestations. Je leur donne toujours le contact de la personne compétente pour gérer ça.

Si vous étiez invité à rejoindre l’un des axes de communication de la Fécafoot, que ce soit au niveau institutionnel ou dans les sélections, quelle serait votre réponse ?

La réponse sera non car depuis quatre ans, j’ai réorienté ma façon de bosser dans le domaine de la communication sportive. La communication institutionnelle n’est pas mon dada et d’ailleurs je n’ai pas le profil pour. Je préfère travailler pour un club que pour une sélection nationale. Quand le championnat camerounais sera réellement professionnel, les entraîneurs ne vont plus chasser les postes dans les sélections, les administrateurs ne vont plus traquer une fonction de team manager en sélection, les médecins de sport et kiné ne vont plus poursuivre une tâche en sélection, idem pour les journalistes qui ne vont plus envier un team press en sélection. Je suis en discussion régulièrement avec le team press d’un club en Tanzanie, il touche un salaire de 3000 dollars chaque mois. J’ai été team press d’un club professionnel il y a quelques années, et mon président qui n’est plus en vie actuellement me traitait pas mal

Certaines sorties du chef du département communication de la fédération sont sujettes à critiques depuis quelques temps. De ce côté, quel conseil pouvez-vous donner à la fédération pour améliorer ses rapports avec les médias ?

Le Fécafoot doit faire 99% de communication de l’institution, des activités liées au football, et 1 % de la communication du président.

 Votre avis sur la gestion de la Fecafoot par Iya Mohamed, Tombi Aroko et Seidou Njoya ?

Je garde en Iya Mohamed l’homme qui a structuré la fédération camerounaise de football.  Je garde en Tombi A Roko un manager qui a pensé à construire des stades qui vont appartenir à la fédération. Malheureusement quelqu’un a investi beaucoup d’argent qui l’a empêché de travailler. Seidou Mbombo Njoya pour moi n’a jamais été Président de la Fecafoot, car sous lui, la Fécafoot était comme un avion sous pilotage automatique. Il y a quelqu’un qui a revendiqué de l’avoir positionné comme président de cette instance. Et c’est cette personne qui pilotait l’avion de manière automatique.

Professionnellement parlant, Hugo Bossoken est un peu effacé dernièrement. Quels sont vos projets actuels et futurs ?

C’est vrai je suis effacé. C’est une situation volontaire car je ne suis pas un journaliste dans le sens classique selon l’environnement camerounais. Je suis un simple commis de l’information relative au football et depuis quatre saisons je me suis orienté dans une autre façon de passer l’information. Sur mon profil Facebook j’ai opté de passer l’information sous une forme polémique et ça ne créé pas beaucoup d’amis je l’avoue.

Depuis sept mois je fais le teasing du projet d’une web TV essentiellement du football camerounais dénommé Ndamba web qui sera lancé en février 2023. Actuellement nous sommes en mode teasing via notre plateforme Ndamba web sur les réseaux sociaux notamment Facebook et Twitter.

Fort des formations que je reçois de la part de la direction technique nationale comme auditeur libre, je suis régulièrement sollicité par les agents de joueurs pour faire le rapport technique des joueurs et des clubs.

© Entretien avec L.A.O et Y.N., Médiatude

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