La CRTV affirme avoir remboursé sa dette aux artistes malgré la contestation de la Sonacam

L’organisme public de radio-télévision a annoncé le 2 avril 2025, avoir réglé la dette de 850 millions de FCFA qu’il devait à la Sonacam pour les droits d’auteur et droits voisins. Toutefois, cette information est contestée par des artistes.
Après le versement d’une première tranche de 318 millions 750 000 FCFA le 20 décembre 2024, il ne restait plus que les deuxième et troisième tranches à payer. Selon un communiqué de la supervision générale de l’opération de recouvrement spécial des arriérés, les montants restants, respectivement de 318 millions 750 000 FCFA et 212 millions 500 000 FCFA, ont été réglés à la Sonacam.
D’après ce document, la CRTV se serait ainsi acquittée de la totalité de sa dette, couvrant la période 2005-2015, principalement pour les titulaires de droits d’auteur et droits voisins des anciens organismes de gestion collective agréés avant 2017.
La Sonacam n’est pas d’accord
Du côté de la Société nationale de l’Art Musical (Sonacam), l’on conteste ces informations. Après une manifestation de près de 500 artistes devant la primature, le 2 avril 2025, Louis de Koum, président de la commission d’identification de la Sonacam, a exposé la position de son organisation sur Balafon Radio. Il était l’invité de SACRÉ MATIN, le 3 avril 2025.
« Nous revendiquons à M. Charles Ndongo, directeur général de la CRTV, le paiement de sa redevance de droits d’auteur, évaluée à 850 millions de francs pour les adhérents et 350 millions pour les droits de cette année », a-t-il affirmé, ajoutant : « La CRTV, dirigée par M. Ndongo, est censée payer cette somme. »
Louis de Koum a précisé que Charles « Ndongo avait déjà été sommé à quatre reprises » par le secrétaire général de la présidence, sur instructions du président Paul Biya, pour régler cette dette. « La dernière correspondance, datée du 26 février 2024, réitère l’exigence de paiement », a-t-il souligné. Il a également mentionné un protocole d’accord signé le 4 septembre 2024 concernant les arriérés des années 2015-2017, mais a relevé que ce contrat avait été signé avec une personne sans la qualité requise.
« Les artistes sont frustrés, car malgré les promesses et démarches officielles, l’argent qui leur est dû n’a toujours pas été payé », a conclu Louis de Koum dans SACRÉ MATIN.