Point de vue

Cyrille Bojiko : « Depuis la mort de Martinez Zogo, il y a moins d’enfants qui veulent apprendre le journalisme. Ils ont peur »

Enseignant à l’université de Douala, l’homme de média dit être « gêné » quand il faut faire la promotion de ce métier auprès des jeunes aujourd’hui. Il s’est confié dans une interview réalisée par VOA Afrique et publiée sur son site internet le 29 janvier 2024.

Le décès tragique du chef de chaîne de Amplitude FM en janvier 2023 ne serait pas sans séquelles dans le domaine du journalisme au Cameroun. À en croire Cyrille Bojiko, l’impact s’est même fait ressentir sur les plus jeunes qui souhaitent faire carrière dans le métier, créant un état de psychose général.

Dans une interview exclusive accordée à John Lyndon, le patron du groupe Balafon a signifié que la mort de Martinez Zogo fait partie des évènements qui n’honorent par le Cameroun, qui pourtant est un vivier de bons journalistes. « Hier encore, c’était un métier qui passionnait. Je suis très gêné parce qu’au delà d’être promoteur de médias, je suis également enseignant à l’université de Douala, j’enseigne les sciences de la communication et je suis celui qui fait la promotion de ce métier auprès des jeunes. Mais voyez-vous, depuis la mort de Martinez, les salles de cours en journalisme ont été désertées. Il y a moins d’enfants qui veulent apprendre le journalisme parce qu’ils ont peur de se faire tuer », a-t-il affirmé.

Pour lui, dans un environnement vulnérable comme celui des médias, il faut être fort, surtout psychologiquement. Croyant à un lendemain meilleur, l’homme de média pense que les générations à venir, notamment celles qu’il conduit, seront en même de réconcilier les dirigeants et les journalistes. « Le premier capital économique dans un système politique c’est l’information. Alors, lorsqu’un État n’investit pas sur les systèmes d’information, notamment les médias et d’autres services de renseignements, il est voué à l’échec », a-t-il indiqué. Il ajoute également qu’au Cameroun, il faut créer un environnement qui va permettre aux journalistes d’exercer librement, sans avoir à « servir des causes obscures ».

Il est à noter que John Lyndon, à qui le promoteur de Balafon TV et radio a accordé cette interview, est lui également journaliste camerounais, en service à la Voix de l’Amérique. Il a fait ses débuts à radio Siantou avec Cyrille Bojiko et le regretté Martinez Zogo.

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