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7 conflits qui ont entaché les relations entre Samuel Eto’o et les journalistes camerounais

La récente plainte de Samuel Eto’o au Conseil national de la communication contre le journal en ligne CFoot, ou encore son interview-bilan sur France 24 qui a été vécue comme un camouflet par une partie de la presse camerounaise, est un épisode de plus dans la relation faite de haut et de bas entre les hommes de médias camerounais et le quadruple ballon d’or africain. Médiatude vous dresse ici, quelques conflits qui ont entaché leurs relations.

1- L’affaire Boney Philippe

Le 30 mai 2008, les Lions Indomptables sont en plein regroupement préparatoire à un match. La traditionnelle conférence de presse de l’équipe nationale est cependant boycottée par les journalistes camerounais, qui se sentent méprisés par les joueurs qui selon eux « préfèrent parler aux médias européens ». Après avoir signifié leur courroux, ils décident de quitter la salle. L’événement aurait pu s’arrêter à ce niveau, mais un épisode important va alors retenir l’attention du public présent. Samuel Eto’o, l’un des joueurs-avec Rigobert Song- qui se sont présentés devant la presse pour cette conférence considère ceci comme une offense. Il va d’abord lancer une pique à l’égard de ces journalistes en ces mots « Bât****, conn****, bande de vaur****, ne revenez plus jamais. Je vous attends au stade, vous n’y entrerez plus jamais…et si dans l’avenir la Fecafoot vous laisse couvrir les matchs des Lions Indomptables, je ne porterai plus jamais ce maillot ». Après ces mots, il va interpeller nommément un des journalistes frondeurs, en la personne de Boney Philippe en ces mots : « tu me connais et vous faites des choses comme ça ? On se connaît très bien non ? ». À la suite de ces mots, il se rue sur le journaliste travaillant alors à la radio Tiemeni Siantou. Au terme de l’accrochage, le journaliste s’en sort avec une boursouflure sur la lèvre supérieure gauche, la bouche ensanglantée et le bras gauche fortement traumatisé. Plusieurs journalistes se feront ensuite violenter par des joueurs, et membres de l’encadrement des Lions. Le cas notamment de la camerawoman de STV, Marie Solange Mbarga qui est délestée de sa caméra, et les images de la rixe supprimées. Cette affaire deviendra une véritable affaire d’Etat. Les responsables de la Fédération et des membres du gouvernement vont condamner l’acte, tout en appelant à l’apaisement. Finalement, Samuel Eto’o ira s’excuser sur le plateau de la CRTV reçu par Charles Ndongo, et fera plus tard amende honorable auprès de sa victime.

2- L’affaire Jean Claude Mbede

L’affaire Moumbagna, où ce footballeur camerounais a interdit à Valsero, un célèbre vlogueur camerounais d’utiliser son nom, n’est pas sans rappeler une affaire plus lointaine. Le 31 août 2011, au terme d’une émission sur la chaîne SportItalia, le directeur de cette chaîne reçoit un coup de fil. Au bout de la ligne, Samuel Eto’o qui est courroucé de la participation à ce programme d’un journaliste camerounais, en la personne de Jean Claude Mbede. Le joueur aurait noté au téléphone ne pas permettre qu’un journaliste qui lui est inconnu, parle de lui, et qu’il s’agit d’un imposteur. Le journaliste qui travaillait alors pour le journal Gazzetta Dello Sport où il était chargé de suivre les joueurs africains évoluant en Europe verra son contrat être suspendu et va se retrouver au chômage pendant une période importante. Il en gardera des séquelles et l’évoquait encore récemment dans une publication sur sa page Facebook.

3- L’affaire Eric Martial Djomo

Nous sommes en mars 2011. La star qui évoluait alors à l’Inter Milan était présent en conférence comme il est de coutume pour tout capitaine afin de répondre aux questions des hommes de médias.

Les Lions indomptables venaient d’essuyer une défaite au Sénégal contre ceux de la Teranga et Eric Martial Djomo, journaliste de la chaîne bleue qui s’était montré pessimiste quant aux chances de qualifications de son pays à la CAN 2012, apprendra à ses dépens qu’on ne provoque pas Samuel Eto’o.

«Tu ne mérites pas d’exister»

Fidèle à son franc-parler, le capitaine d’alors va sévèrement fulminer le journaliste d’être «négatif», de ne pas «être Camerounais» et même de ne pas mériter «d’exister».

«J’ai 30 ans et j’ai tout gagné dans ma carrière. Il manque seulement la coupe du monde… Je parie que tu n’es pas un Camerounais. Tu ne mérites même pas de travailler dans cette merveilleuse chaine (Equinoxe Ndlr). D’ailleurs je verrai avec ton boss». La chaîne soutiendra son journaliste, mais cette scène écorchera encore plus et  longuement l’image de Samuel Eto’o auprès d’une bonne partie de la presse camerounaise.

4- L’affaire Parfait Siki

Un peu plus de six mois, c’est le temps qu’aura passé Parfait Siki Awono en prison, suite à une plainte de Samuel Eto’o. Ce dernier accusait l’ancien secrétaire général de la Fécafoot d’avoir « emporté des documents dans le but de les falsifier ». La corporation journalistique s’était alors mobilisée pour défendre ce confrère. La presse avait alors dénoncé un « abus de pouvoir » et une « instrumentalisation de la justice ». Le patron de la Fécafoot, en réponse, avait déclaré en novembre 2022, au cours d’une interview sur Canal 2, que « des patrons de presse qui n’arrivent pas à payer les salaires de leurs employés n’ont aucune leçon à lui donner » . Finalement, le journaliste a été libéré, mais ses relations avec l’ancien goleador ne s’en sont jamais retrouvés améliorées.

5- Guibaï Gatama

Le directeur de publication du journal L’Oeil du Sahel avait été élu au comité exécutif de la Fecafoot au même moment que Samuel Eto’o en était élu président. La relation entre les deux hommes va cependant tourner court moins d’un mois après. Guibaï Gatama sera très vite exclu du comité exécutif. Des sources proches l’accusent de « tribalisme », alors que l’intéressé se défend en indiquant avoir « soutenu son sobadjo (Vincent Aboubacar, Ndlr) ». Depuis, il est demeuré l’un des principaux critiques de Samuel Etoo, qu’il a traîné en justice.

6- Jean Bruno Tagne

« L’Arnaque, il voulait redonner au football camerounais toute sa grandeur ». Cet ouvrage hautement polémique a été rédigé par ni plus ni moins que l’ancien directeur de campagne de Samuel Eto’o pour son élection à la présidence de la Fecafoot. Dans ce livre, Jean Bruno Tagne expose point par point les limites du management de Samuel Eto’o deux ans après son arrivée à la tête de l’instance faîtière du football camerounais. Il y présente les multiples échecs glanés par l’ancien du FC Barcelone dans sa gestion. Cet ouvrage n’est cependant pas le premier du genre du même auteur dans lequel il vise directement l’ancien capitaine des Lions Indomptables. Son ouvrage « Programmés pour échouer », avait déjà suscité la même polémique. Le hic ici, est que, bien qu’écrivain célèbre, Jean Bruno Tagne est d’abord journaliste. Ceci pouvant expliquer cela. Concernant son dernier ouvrage, Samuel Eto’o a annoncé le 1er mars 2024 qu’il déposerait une plainte contre l’auteur et l’éditeur. Ce à quoi Haman Mana, lui aussi journaliste et éditeur de Jean Bruno, a répondu en indiquant les coordonnées pour « tout éventuel dépôt de plainte ».

7- L’affaire CFOOT

Dans un document relayé abondamment sur les réseaux sociaux depuis le 08 mars 2024, on apprend la saisie par Samuel Eto’o du Conseil National de la Communication contre Alain Dénis Ikoul de CFOOT. Il est reproché au journaliste d’avoir tenu des propos mettant en doute l’autorité de  Rigobert Song, ancien sélectionneur des Lions Indomptables sur cette équipe lors de l’émission « Onze entrant » du 15 février 2024 sur Jambo Radio. Une décision saluée par plusieurs fans et proches de Samuel Eto’o, qui estiment que ce média en ligne spécialisé sur le football, se démarque par une critique acerbe du management de la fédération. Ce dont les promoteurs de ce média se sont toujours défendus.

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