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Wesleg Nanse, PDG de NAJA TV : « Le véritable problème des médias camerounais est le manque criard de contenus de qualité »

Wesleg Nanse, PDG de NAJA TV : « Le véritable problème des médias camerounais est le manque criard de contenus de qualité »

Depuis 2016, le groupe NAJA se déploie de plus en plus et gagne ainsi le cœur des internautes camerounais. Essentiellement maison de production audiovisuelle au départ, la boîte s’est érigée aujourd’hui en véritable producteur, diffuseur et distributeur de contenus jugés de qualité, axés en grande partie sur le divertissement. Pour comprendre les contours de cet empire médiatique en devenir, Médiatude a rencontré le PDG du groupe NAJA. Wesleg Nanse, industriel résidant en Allemagne revient sur les premières heures de Naja, ses challenges la vision du groupe. Interview

Médiatude : Comment se porte le groupe NAJA ?

Wesleg Nanse : Assez-bien. Vous savez l’Homme est un éternel insatisfait mais dans l’ensemble, je ne peux que me réjouir des retours positifs du public et mêmes des critiques qui nous font grandir. NAJA se porte plutôt assez bien dans l’ensemble.

Vous en êtes le Fondateur, le cofondateur… ?

 J’ai peut-être eu l’idée de base et fait le premier pas vers Samuel en 2012 et des années plus tard (2018) vers Jean-Bruno mais j’aurais dit que je suis co-fondateur parce que l’essence de NAJA ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui sans leurs apports. Je profite de cette occasion pour les remercier d’y avoir toujours cru tout en m’inclinant devant leur talent. Je suis de ceux qui pensent que seul on va plus vite mais ensemble on va plus loin.

D’où part le projet NAJA TV?

Le projet va de l’idée de construire un groupe média qui pourrait mieux répondre aux besoins de notre époque actuelle à l’ère du numérique. Nous avions constaté en 2012 une surconsommation des contenus audiovisuels sur internet. Ceci nous a donné l’idée de créer une société de production audiovisuelle en 2013 en Allemagne appelée NAJA Production. Cette société a pour but de proposer un contenu audiovisuel de qualité pour l’Afrique en utilisant les mêmes techniques de productions audiovisuelles qu’en Allemagne. Notre première grosse production a été une série de télévision dénommée série TV NAJA; Projet sur lequel nous avons travaillé pendant 2 ans et la production a eu lieu en 2015 dans la ville de Stuttgart en Allemagne. L’engouement du public durant la production de cette série nous a confirmé que le besoin d’un contenu de qualité était bien présent. Nous avons donc décidé de créer d’autres types de contenus de qualité (reportages, émissions, etc); C’est notamment dans cette stratégie que nous avons co-produit La Grande Interview, présentée par Jean-Bruno sur Canal2, avec notre rubrique Ecce Homo en 2017. Vu que notre maison de production avait déjà produit autant de contenus audiovisuels depuis 2013, c’était presque naturel d’avoir l’idée de passer à la deuxième étape en créant un espace de diffusion pour présenter au public notre savoir-faire en tant que producteur de contenus, d’où la création de NAJA TV en 2015.

A côté de vous il y a d’autres visages. Jean Bruno Tagne, Samuel Loe. Comment se fait la rencontre avec vos deux collègues ?

La rencontre avec Samuel remonte à environ 12 ans en Allemagne pendant un évènement durant lequel j’ai été impressionné par son parcours et son expérience dans l’audiovisuel. Donc c’était tout naturel de penser à lui en premier lorsque m’est venu l’idée pour NAJA. Jean-Bruno, j’ai eu l’honneur de faire sa connaissance beaucoup plus tard dans les années 2016 lorsque NAJA Production devait co-produire son émission La Grande Interview lorsqu’il travaillait encore chez Canal2.

NAJA TV s’est très vite identifié comme producteur de contenus pour être aujourd’hui média à part entière, quels sont les challenges actuels de Naja TV ?

Vous remarquez que notre histoire est basée sur la production de contenus de qualité. Nous nous sommes très vite rendus compte que le véritable problème des médias au Cameroun est le manque criard de contenus de qualité. Nous avons essayé d’avoir une approche différente du problème et sommes arrivés à la conclusion que ça ne servait à rien de nous investir en premier pour une énième télévision au Cameroun si nous n’avions pas complètement maitrisé le secteur de la production audiovisuelle qui est un élément clé dans la diffusion. Qui dit média, dit diffusion, qui dit diffusion, dit contenu, dit production. Notre challenge actuel, c’est d’augmenter notre qualité de production, de diversifier et distribuer nos contenus, de former une équipe surplace qui pourra être à la hauteur de nos challenges à venir en termes de production, diffusion et distribution. Et pourquoi pas devenir le plus grand distributeur de contenus audiovisuels dans notre écosystème médias.

Dites-nous en plus, sur les offres de Naja TV qui, s’illustre également dans la formation des jeunes ..

Notre groupe média comporte une société de production audiovisuelle qui propose la production de Programmes TV/Web, Documentaires, Reportages, Séries TV, Films de fiction, Films d’entreprise, Publicités, Photographie, Vidéos clips musique, Captation vidéo, Live streaming, Spot audio/video, Animation 2D/3D, Prise de vue aérienne par drone. Des formations et recyclages pratiques dans ces domaines autour de l’audiovisuel font également partir de nos services. Nous recevons chaque année de nombreux jeunes pour des stages académiques et autres formations pratiques.

Revenons à vous. Vous avez pourtant été investisseur dans des sociétés industrielles. Comment vous retrouvez-vous dans les médias ?

J’ai toujours eu un faible pour le secteur des médias. Surtout à l’ère du numérique, j’ai toujours estimé que si l’Afrique ou le Cameroun en particulier avait pris du retard par le passé dans certains domaines, nous ne devrions en aucun cas manquer le train de la transformation digitale des médias. Ceci nous offre de grandes opportunités et nous ouvre sur un monde encore plus interconnecté que d’habitude en termes de partage de l’information. L’Afrique a toujours voulu écrire sa propre histoire, rétablir ses propres vérités, façonner sa propre image, se présenter sous un autre angle au monde, impacter davantage les mentalités, participer à l’éducation de ses enfants et mieux informer sa population, communier avec sa diaspora et le monde entier. Je reste convaincu que tout ceci est possible à travers la production et la diffusion des contenus de qualité sur les plateformes digitales. C’est donc pour moi une occasion en or à saisir afin de contribuer du mieux que je peux à bâtir une autre image de l’Afrique à travers le Cameroun, à diffuser un meilleur contenu de qualité et à participer au développement du secteur des médias à ma façon.

Comment arrivez-vous à administrer vos équipes au quotidien depuis l’Allemagne ?

En utilisant les nouvelles technologies. Nous vivons actuellement dans un monde dans lequel de nombreuses choses peuvent se faire à distance. L’expérience avec le Covid-19 a pu encore confirmer cela aux patrons d’entreprise les plus sceptiques. Néanmoins, en plus d’être présent tous les jours au quotidien pour mon équipe à travers la technologie, je suis très souvent au Cameroun pour ne pas perdre de vue ce contact physique qui reste très important car l’humain reste à la base de notre démarche.

Et la collaboration avec Jean Bruno Tagne et Samuel Loe, comment se passe-t-elle ?

Dans une ambiance bonne enfant. Nous sommes tous à la base de véritables passionnés, épris de liberté. Nous considérons que nous travaillons pour quelque chose beaucoup plus grand que nos petites personnes. Les challenges sont nombreux au quotidien. Ceci nous oblige également à rester très concentrés sur les objectifs à venir.

Jean Bruno Tagne face (droite) à Shanda Tonme (gauche) dans AUTANT LE DIRE sur NAJA TV

À quel niveau voyez-vous Naja TV dans 5 ans ?

Comme l’un des groupes médias les plus influents en Afrique centrale, en termes de production, diffusion et distribution de contenus audiovisuels de qualité. Et pourquoi pas le plus grand ? De toutes les façons, nous travaillons au quotidien pour cela, tout en espérant que le public pourra nous juger sur le temps à travers la qualité de notre travail.

© Entretien avec S.B., Médiatude

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