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« Um Nyobè était le plus brillant de sa génération ou l’un des plus brillants », Jean Bahebeck dans l’Arène

Par L.A.O.
« Um Nyobè était le plus brillant de sa génération ou l’un des plus brillants », Jean Bahebeck dans l’Arène

À deux jours du 64e anniversaire de la mort du leader de l’Union des Populations du Cameroun, le professeur Jean Bahebeck, sur le plateau de L’Arène le dimanche 11 septembre 2022, est revenu sur la fin tragique des précurseurs de l’UPC et les raisons qui ont poussé Um Nyobè à revendiquer l’indépendance du Cameroun.

Jean Bahebeck, ayant d’abord visionné un reportage du combat de l’Union des Populations du Cameroun pour l’indépendance, au cours de l’émission diffusée sur Canal 2 international, a jugé que la Françafrique (une relation entre la France et les pays d’Afrique francophone), était le principal responsable du massacre des membres stratégiques de l’UPC, principalement ceux des tribus Bamilékés et Bassas. « La Françafrique a pris le napalm, un acide a mis cet acide à l’intérieur d’un avion et a arrosé le pays Bassa […]. C’est ce que les Nations unies appellent le crime de guerre : le crime contre l’humanité. Le but de la Françafrique est [à cette époque-là] d’éradiquer la tribu Bassa d’abord et la tribu Bamiléké ensuite. Il fallait cibler les deux tribus parce que c’est les deux tribus où les leaders les plus déterminés sont nés et ont organisé la lutte. Dans le quatuor de l’UPC dès 1952, le numéro 1 c’est Um Nyobe, quand il sorte du Congrès en 1952, le numéro 2 c’est Félix Moumié. Le numéro 3 c’est Ernest Ouandié et le numéro 4, c’est Kingué Abel. Donc un Bamoun, deux Bamilékés et un Bassa », a raconté le chirurgien.

De plus, le professeur Jean Bahebeck à la question de savoir ce qui motivait Um Nyobè à revendiquer l’indépendance de son pays, a d’abord évoqué son parcours. « Je ne peux pas le prétendre mais d’après mon analyse, l’histoire et le profile de l’homme, on voit que Um a d’abord une formation [greffier]. C’est le plus brillant de sa génération ou l’un des plus brillants. À l’école, il a été parmi les plus brillants de sa génération, lorsque ce n’est pas le plus brillant, voilà un facteur. Deuxième facteur, il va à l’école d’un des enseignants de gauche les plus réputés de France. Troisièmement, il est dans le syndicalisme à fond et on peut dire, quatrièmement, il vit très mal la ségrégation raciale de la colonisation », a-t-il détaillé.

En plus, d’après le médecin, Um Nyobè s’est vite lié avec les Bamilékés, car, frustrés du fait que les colons leur ont interdit de pratiquer des cultures à l’instar du « Café » et du « Cacao » sur leurs propres terres, ils faisaient de bons alliés. « Um marche avec ses gens. Il s’en va les recruter en 1950 deux ans après à Dschang. Um va les convaincre là-bas, qu’on ne peut pas vaincre les colons si on ne se met pas ensemble. Um fait le tour à pied et ceux-là [les Bamilékés], adhèrent très vite […] Les Bamilékés n’acceptent pas que la colonisation ne leur permette pas d’avoir leurs plantations I », a affirmé Jean Bahebeck.

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